par Liloue

Pourquoi offrir du vin bio à Noël ?

6 commentaires Conso responsable, Écologie

De plus en plus de gens autour de moi s’intéressent au vin bio et à l’œnologie. Je bois très peu d’alcool en général et donc je n’y connais vraiment rien en vin.
Mais, j’admire les vignerons qui ont choisit une agriculture biologique et tous ces gens qui parlent du vin avec amour, poésie et délicatesse comme moi je pourrais vous parler du chocolat :p .
Pour les fêtes, les bonnes bouteilles accompagnent nos réveillons et complètent la liste des cadeaux bio et écolos à offrir… J’ai demandé à mon ami, Yannick, un joyeux luron, jeune amateur de bons vins, de nous parler du vin bio et de ces vignerons qui respectent la dynamique du vivant et de la plante ! Je laisse maintenant la parole à Yannick…

Qui dit noël dit repas en famille avec bonne nourriture et bon vin… En France (plus largement en Europe autour du bassin méditerranéen) nous avons la chance d’avoir une viticulture qui donne du bon raisin et donc du bon vin. Mais comme toute agriculture, nous subissons actuellement la culture intensive, quasi industrielle des gros groupes qui ne travaillent plus la vigne et la terre comme nous le souhaitons. Heureusement, il existe encore une bande d’irréductibles gaulois qui préfèrent la terre, la vigne ainsi que l’amour de leur métier plutôt que l’argent facile !

Que vous soyez néophyte ou grand connaisseur en matière de vin, cet article devrait vous apporter quelques informations des plus intéressantes ou des idées cadeaux pour votre entourage voir du plaisir pour vous-même.

Le vin résulte de la culture de la vigne d’une part et la vinification d’autre part. De ce point de vue l’agriculture biologique permet d’obtenir une plante en meilleure santé et des fruits plus sains, donc moins nocifs pour la consommation humaine. En plus c’est le gage de la préservation de l’environnement et de l’écosystème dans lequel évolue la vigne. Seule l’alliance de la culture biologique et de vinification naturelle permet d’élaborer des vins authentiques.

Afin de mieux comprendre le travail de ces « Ecovignerons », faisons le point sur les 4 types d’agricultures rencontrées :

  • L’agriculture conventionnelle :
    Pur produit des Trente Glorieuses (ces années de l’après-guerre où il s’agissait de produire toujours plus afin de nourrir le plus grand nombre), l’agriculture conventionnelle privilégie les rendements. Le sol est considéré comme étant un simple support pour les plantes.
  • L’agriculture raisonnée :
    Apparue au début des années 1990, l’agriculture raisonnée possède depuis 2002 une reconnaissance officielle. Pour le producteur, il s’agit de s’inscrire dans une optique de respect de l’environnement. C’est une démarche volontaire sans aucune obligation ni contrôle.
  • L’agriculture biologique :
    L’agrobiologie repose sur le rejet de tous produits chimiques, pesticides, fongicides ou fertilisants. Pour pouvoir être certifiés, les domaines doivent se soumettre à des contrôles réguliers par un organisme accrédité. Il faut 3 ans pour convertir un domaine à l’agrobiologie, la première récolte en bio certifié étant celle de la 4e année après l’arrêt d’utilisation des produits chimiques. Cultiver sa vigne en bio requiert plus de main d’œuvre.
  • La biodynamie :
    La biodynamie est une branche de l’agriculture biologique s’appuyant sur les travaux de Rudolph Steiner, fondateur dans les années 1920 de l’anthroposophie : la terre est vue comme un ensemble vivant et le viticulteur s’efforce de favoriser la vie des sols qui en retour lui donneront de beaux raisins. Le nombre de domaines en biodynamie est extrêmement faible (< 10% des surfaces en bio); en revanche ce sont très souvent des domaines marquants en terme de qualité.

Vous aurez donc compris que le bon vin, tant au niveau gustatif qu’au niveau de son impact sur le corps et sur la planète, provient du raisin issu d’un vrai terroir. Ce terroir est composé d’une multitude d’éléments comme le sol, le vent, le cépage, la géologie, le climat mais également, d’après certains, le caractère du vigneron… La chose qu’il ne faut jamais perdre de vue c’est que cette terre qu’ils travaillent n’est pas la leur ni même la nôtre. Nous n’en sommes que les occupants provisoires, de simples locataires avec un bail précaire !

Parler de méthodologie est une bonne chose mais ca n’est pas comme ca que nous allons sustenter notre esprit et notre envie de bon vin. J’ai la chance de faire partie de l’association denaturavini qui organise depuis 4 ans maintenant un salon du vin naturel le deuxième week end de décembre à Poitiers (pour plus d’informations voir le site www.denaturavini.org). Grace à ce salon j’ai pu rencontrer plus d’une trentaine de ces fous ; il m’est donc impossible de parler de tous mais j’aimerai quand même en citer quelques uns car j’ai eu des coups de cœurs pour leurs vins et leurs personnalités.

–      Lise et Bertrand JOUSSET à Montlouis sur Loire

Lise, ancienne sommelière et Bertrand, ancien ouvrier viticole ont mis en commun leur passion commune pour le vin, le Chenin et la terre.  Ils ont repris le domaine en janvier 2004.

Lise et Bertrand Jousset travaillent les sols et n’utilisent aucun produit de synthèse pour les traitements des vignes, ni engrais chimique. Leur but est de travailler dans le respect et l’équilibre de la plante afin que les vins expriment au mieux la typicité des  terroirs et du millésime. Les rendements sont maîtrisés grâce à une taille courte adaptée aux cépages comme aux parcelles suivant leur âge. Ils sont officiellement en conversion vers l’Agriculture Biologique depuis fin 2007.

Les fermentations se déroulent uniquement avec les levures indigènes : c’est-à-dire les levures naturellement présentes sur les raisins. Ces dernières contribuent à marquer les vins de l’empreinte du terroir et de “ l’effet millésime ”.

–      Agnès et René MOSSE à Saint Lambert du Lattay

Bien avant leur installation en Anjou en 1999, ils tenaient un bar-cave à Tours. C’est là que leur rencontre avec des vignerons a déclenché leur envie de faire du vin. Ils décident de faire une formation viticulture-oenologie au Lycée d’ Amboise et c’est en 1999 qu’on leur signale un domaine à reprendre à Saint Lambert du Lattay et les voilà.

Ils ont fait le choix de cultiver leur vignoble selon les méthodes de l’agrobiologie contrôlée et certifiée par Qualité France et de la biodynamie. Leurs efforts consistent à travailler les sols : charrue, l’huile de coude et tranche, décavaillonneuse, griffes…ils ont pleins d’outils ! Les herbes enfouies par le labour nourriront les micro organismes du sol.

La vendange à bonne maturité (de la peau, de la pulpe et des graines) assure un taux de sucre suffisant. Leurs engagements : respect des processus de fermentation naturelle, exclusion de tout enzymage ou de tout ajout de bactéries ou de produits issus d’une chimie de synthèse, et de tout agent activateur des fermentations (azote, vitamines, thiamines, écorces de levures etc.), exclusion d’additifs aromatiques, respect de la richesse naturelle du vin, exclusion de la chaptalisation, de la cryoextraction (congélation du raisin) ou de tout procédé de concentration (évaporation sous vide, osmose etc.)

Site : http://www.domaine-mosse.com

–      Mireille et Patrick MEYER à Nothalten

J’ai moins d’informations sur eux mais leurs vins (et plus particulièrement les vendanges tardives) sont d’une qualité exceptionnelle ! Ils sont labélisés Agriculture Biologique et ont une philosophie du vin bien à eux : le vin doit être vu comme quelque chose de joyeux, de communicatif, autour duquel on se rassemble, on échange et on prend du plaisir. C’est exactement la sensation que j’ai en buvant ce vin et en parlant avec eux. C’est à chaque fois un moment de bonheur et de partage.

–      Marina et Laurent Cazottes à Villeneuve sur Vère

Encore un coup de cœur bien particulier pour des gens pas comme les autres. Ils ne sont pas vignerons à proprement parler car ils sont spécialisés dans l’eau de vie et l’eau florale.

Leurs Eaux de vie, Apéritifs et Liqueurs sont élaborés à partir de fruits sélectionnés de leur terroir selon une méthode visant à garantir la qualité et à préserver les parfums. Traités manuellement un par un, selon un procédé ancestral, les fruits libèrent ainsi la quintessence de leurs arômes et parfums.

Si vous ne connaissez pas l’eau florale c’est le moment de découvrir ce liquide « magique » et pourquoi ne pas en faire un cadeau de noël. L’eau florale est l’eau recueillie après distillation d’une plante. Elle contient, dans de faibles proportions, les mêmes composants et propriétés que l’huile essentielle dont elle est extraite, et, contrairement à celle-ci, l’eau florale peut être utilisée sans précautions particulières. Vous trouverez vers eux des eaux florales adaptées à la cuisine, idéales pour les sauces de salade, les plats ou les gateaux (par exemple l’eau florale de menthe).

Site : http://www.letonneaudessaveurs.com/

L’atout principal de toutes ces personnes est surement leur accueil très chaleureux et leur envie de partager cette passion.

Je n’ai pas parlé des différents vins et de quel vin acheter. La raison est simple : chaque personne à ses propres goûts et que sans gouter, il est impossible de juger si un vin est bon ; de plus je peux trouver un vin excellent alors que vous pourriez le trouver fade. Il vous faudra donc vous déplacer et goûter pour savoir ce qui vous plait et ainsi trouver les vins qui vous correspondent les mieux : blanc sec ou moelleux, rouge plutôt léger ou fort, ou même un bon rosé à boire en apéritif en plein été.

Les conclusions qu’il faut donc tirer de cet article sont les suivantes :

–   La rencontre avec des vignerons : déplacez-vous, allez rencontrer des vignerons. Que vous soyez expert ou non, ils se feront un réel plaisir à vous faire découvrir leur passion, leur terroir et leurs vins. Comme ont dit c’est en forgeant que l’on devient forgeron, et c’est donc en se renseignant et en goutant que l’on apprend à aimer le bon vin.

–     La qualité à la quantité : il est préférable de boire moins souvent du vin mais d’en boire du bon qui coûtera surement un peu plus cher. Sachez également que le prix ne fait pas la qualité du vin et que de grandes maisons jouent de leur renommée pour aligner des prix élevés sans pour autant avoir un vin formidable.

–     Une bonne bouteille à offrir à Noël : s’il vous manque encore des cadeaux pour vos proches et qu’ils aiment le bon vin, alors vous pouvez leur acheter une bouteille chez un vigneron qui respecte son métier, sa terre et qui produit un vrai vin du terroir.

Et une dernière idée cadeau si vous aimez la lecture et le vin : le livre Une promesse de vin édité chez Minerva. C’est un magnifique tour de France des vignerons où l’on découvre des hommes et femmes tous plus attachants les uns que les autres.

Je ne peux que respecter les vignerons qui produisent du vin naturel avec autant d’amour et de conviction. Et comme disait François Rabelais : « Jamais homme noble ne hait le bon vin ».

Bonne dégustation et au plaisir de vous retrouver ce week-end du 11 et 12 décembre 2010 à Saint Julien L’Ars (86) au Salon du vin naturel De Natura Vini.


Annexes

Certification :
Un organisme de certification contrôle les exploitations au nom des pouvoirs publics pour vérifier le respect des clauses bio de la réglementation française et européenne. Le nom de l’organisme certificateur doit obligatoirement figurer sur l’étiquette avec la mention « issu de l’agriculture biologique ».
ECOCERT est de loin le plus répandu mais il en existe quelques autres (QNPC, l’AFAQ,Qualité-France, Qualité-Nord-Pas-de-Calais, Agrocert, Certipaq, l’Aclave et l’Ulase).

Labels :
Le Label AB a été mis en place début 2005. Ce label appartient au Ministère de l’Agriculture. La mention « Vin issu de raisins de l’agriculture biologique » et le nom de l’organisme vérificateur doivent figurer avec le label AB. En pratique, s’il est seul, ce label n’a pas grande valeur. De plus, le rôle et l’utilité de l’Agence Bio n’apparaît pas encore clairement.

Marques collectives :
Un organisme privé rédige un cahier des charges et vérifie l’application de celui-ci par des visites régulières.
DEMETER : Viticulture en biodynamie et vinification avec peu de soufre
NATURE et PROGRES : Viticulture biologique et recommandations pour la vinification
BIODYVIN : Viticulture en biodynamie contrôlée Ecocert
TERRA VITIS : Agriculture raisonnée avec cahier des charges précis.
FNIVAB : charte viticulture bio

4 Commentaires

Yannick

Quel plaisir de me lire sur ce blog. Ce fut un réel plaisir que de partager ces quelques lignes ici. Si vous avez des questions, des remarques je repasserai par ici après ce week end car je vais être occupé avec 30 vignerons.

poucinette

Tu as bien raison vive le vin bio !!! même si je n’en bois pas mais mes convives sont toujours ravis !!! bises bises bon samedi

chouki

Ouiiiiii la biodynamie c’est l’fun si on pouvait le respecter pour tt les aliments ça serait pas du luxe !

Erick

Super article sérieux : bravo.
Un point cependant que j’aimerai appuyer même s’il est souligné dans le billet : ce n’est pas parce qu’un vin est bio qu’il est bon. Loin s’en faut, malheureusement. Il faut vraiment goûter, essayer, et faire ses choix. Parce que des bio-piquettes plus dynamites que dynamiques, j’en ai bu ! ;))

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